Auteur :
Pierre-Clément Cazon
Directeur de la publication.
Le salon VivaTech 2025 a transformé Paris en véritable capitale mondiale de la technologie, rassemblant les principaux acteurs du secteur, des startups prometteuses et des figures emblématiques internationales.
Cette édition, portée par une ambition renouvelée autour de l’intelligence artificielle (IA) et de la souveraineté numérique européenne, a battu tous ses records, soulevant d’importantes questions sur l’avenir de la scène tech continentale.
Dès la première journée, l’atmosphère animée montrait que ce cru 2025 ne ressemblait en rien à un salon ordinaire. Le Dôme de Paris vibrait dès l’ouverture grâce à la prise de parole très attendue de Jensen Huang, fondateur et CEO de NVIDIA, figure emblématique du secteur des semi-conducteurs.
Parmi les 450+ speakers de premier plan, l’événement a également accueilli Emmanuel Macron, Président de la République, Arthur Mensch, CEO de Mistral AI, ainsi que des personnalités internationales telles que Joe Tsai (Alibaba), Yann Le Cun (Meta), Sarah Friar (OpenAI) ou encore Mike Krieger d’Anthropic.
La fréquentation a atteint un nouveau sommet avec 180 000 visiteurs venus de 171 nationalités, affichant une progression significative qui confirme la réputation désormais globale du salon.
L’événement ne se limite plus à l’écosystème national mais s’ouvre pleinement à l’international, avec près de la moitié des participants venant d’autres pays et plus de 3 600 investisseurs de renom – parmi lesquels Accel, KKR, Lightspeed, Sequoia Capital, Eurazeo ou encore GV (Google Ventures) – désireux de miser sur les futurs champions de la tech européenne.
Au cœur de toutes les discussions, la nouvelle infrastructure de calcul dédiée à l’intelligence artificielle affiche des ambitions inédites pour l’Europe. L’annonce phare de cette édition reste la création de « Mistral Compute », une infrastructure d’intelligence artificielle souveraine conçue pour l’Europe, fruit d’un partenariat stratégique entre NVIDIA et Mistral AI.
Cette initiative marque l’entrée de l’Europe parmi les grands fournisseurs internationaux de solutions IA, particulièrement mise en lumière lors du GTC Paris – NVIDIA, organisé pour la première fois à VivaTech.
L’ambition va bien au-delà de l’infrastructure technique : il s’agit également de créer un réseau de centres de données répartis dans plusieurs grandes économies du continent. Avec plus de 300 annonces et lancements durant les quatre jours de l’événement, cette stratégie rappelle la volonté de laisser une empreinte durable et partagée.
Les dirigeants présents ont souligné l’importance de cette démarche pour bâtir les prochains champions européens, fédérer les différents écosystèmes et stimuler l’innovation locale.
Jusqu’à présent, les professionnels de l’innovation avaient tendance à se tourner vers les États-Unis pour découvrir les nouveaux standards technologiques. Cette dynamique semble changer alors que l’événement parisien s’impose, année après année, comme un moteur de la compétitivité européenne.
La présence d’exposants de plus de 120 pays et de 50+ pavillons nationaux (+20% vs 2024) témoigne de cette attractivité grandissante.
Le Canada était le pays à l’honneur cette année avec une délégation de plus de 170 startups, entreprises et organisations spécialisées en tech et IA, accompagnées du Ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon.
Des États-Unis, avec pour la première fois une représentation de Houston (Texas) et de la Floride, à l’Asie (Chine, Japon, Corée), en passant par le Brésil, l’Arabie Saoudite, le Salvador, ou encore le Nigeria, ce dernier venant renforcer la présence et la voix de l’Afrique à VivaTech.
L’intelligence artificielle occupe une place centrale à chaque coin du salon, avec +40% des exposants consacrés à l’IA. Pas moins de 14 000 startups étaient réunies, beaucoup présentant des applications innovantes dans des domaines variés.
Sur l’AI Avenue sponsorisée par Salesforce, des startups comme Unitree, Buddyo, Vrai AI ou Next ont pu démontrer à des milliers de visiteurs les bénéfices tangibles de l’IA dans la résolution de problèmes très concrets.
Cette dynamique s’est traduite par 640 000 connexions business recensées au cours des quatre jours, témoignant d’un engouement collectif qui a donné le ton aux débats.
De nombreux intervenants internationaux y voient l’opportunité de passer de simples démonstrations à des réalisations concrètes et mesurables, touchant au traitement automatique de la langue, à la robotique intelligente ou aux agents conversationnels.
L’autre grande thématique omniprésente concernait l’équilibre entre la course technologique et l’intégration responsable des outils numériques. L’Impact Bridge, conçu avec EDF, a donné corps à une ambition commune : faire de la tech un moteur d’inclusion, de durabilité et de sens.
Sur 1 500 m², les projets les plus prometteurs de la Tech for Change ont illustré les synergies possibles entre innovation et impact, dans le cadre d’une démarche environnementale rigoureuse certifiée ISO 20121.
Un consensus large s’est dégagé autour de l’idée que la réussite passera par la commande publique et privée, plutôt que par de simples aides financières. Ce virage sectoriel implique un usage ciblé des solutions d’IA, développées pour répondre avant tout à des problématiques internes.
Pour la première fois cette année, VivaTech a présenté sa Global Awards Ceremony en partenariat avec TechCrunch, un moment phare imaginé pour honorer l’excellence et amplifier les voix qui redéfinissent le paysage technologique.
Cette cérémonie a mis en lumière plusieurs initiatives remarquables :
Si l’édition 2025 met en lumière l’essor de l’IA, elle n’oublie pas les enjeux connexes : l’urgence climatique, la gestion éthique des technologies et l’adaptation aux attentes régionales restent au cœur des échanges.
L’événement illustre ainsi la volonté d’une Europe qui cherche à composer sa propre identité : ouverte, pragmatique, mais attentive à ses spécificités et vulnérabilités structurelles.
L’intensification des échanges transfrontaliers et la multiplication des collaborations incarnent cette évolution. Petit à petit, se dessine une alternative crédible aux autres grands rendez-vous technologiques mondiaux, positionnant l’Europe comme un moteur influent d’une scène technologique diversifiée.
Ce succès repose autant sur la diversité internationale que sur la capacité à attirer de grands noms venus partager leur vision de l’avenir. Les retombées digitales témoignent de ce rayonnement exponentiel : +3,6 millions d’interactions sociales (+68% vs 2024) et 7 millions de personnes touchées par la VivaTech News (+10% vs 2024), prolongeant l’impact bien au-delà des murs de la Porte de Versailles.
En quelques éditions, cet événement est passé d’une plateforme franco-française à un carrefour incontournable de l’innovation, rivalisant avec ceux des États-Unis et d’Asie.
Comme l’ont déclaré les co-présidents Maurice Lévy et Pierre Louette, ainsi que François Bitouzet, Directeur Général de Viva Technology : « Pour sa 9e édition VivaTech s’est réinventé autour de l’intelligence artificielle, la mettant à portée de tout le monde grâce à des applications aussi bien business que grand public. VivaTech a changé d’échelle au niveau international en accueillant 120 pays cette année. »
Il devient aujourd’hui un espace de débats constructifs, d’initiatives concertées et un symbole fort de l’ambition européenne du XXIe siècle en matière de technologie et d’entrepreneuriat, avec rendez-vous donné pour le 10e anniversaire de VivaTech à Paris du 17 au 20 juin 2026.