Test du Fairphone Gen 6+ : réparabilité et /e/OS font vraiment la différence

16 min de lecture
Test du Fairphone Gen 6+ : le smartphone réparable vaut-il 649 € ?
  • Le Fairphone Gen 6+ passe au Snapdragon 7s Gen 4 et à 12 Go de RAM, mais conserve l’essentiel du Gen 6.
  • Son écran OLED 120 Hz et son autonomie convainquent davantage que ses performances photo de nuit et sa vitesse de recharge.
  • Douze pièces sont remplaçables par l’utilisateur et Fairphone prévoit un support logiciel jusqu’en 2033.
  • Le Gen 6+ coûte 649 € en France, contre 599 € pour le Gen 6 toujours commercialisé.
  • La version Murena /e/OS 4.0 à 699 € ajoute App Lounge, Advanced Privacy et des services alternatifs à Google.

Le Fairphone Gen 6+ ne cherche pas à battre les smartphones haut de gamme sur la puissance, la photographie ou la finesse. Nos essais montrent plutôt un appareil de milieu de gamme équilibré dont la différence se révèle sur la durée : sa batterie, son écran, son port USB-C et plusieurs autres composants peuvent être remplacés séparément au lieu de condamner le téléphone entier.

Commercialisé depuis août 2026, le Gen 6+ arrive un peu plus d’un an après le Fairphone Gen 6. Il en reprend presque intégralement le matériel, mais remplace le Snapdragon 7s Gen 3 par un Snapdragon 7s Gen 4 et fait passer la mémoire vive de 8 à 12 Go. Un coloris Bleu Cobalt rejoint le Vert Forêt et le Noir Horizon. Le prix officiel atteint 649 € sur la boutique française de Fairphone, tandis que le Gen 6 reste proposé à 599 €.

Une autre déclinaison change beaucoup plus profondément l’expérience : le Fairphone Gen 6+ est également vendu 699 € avec Murena /e/OS 4.0. Le matériel reste identique, mais les services Google préinstallés disparaissent au profit d’un environnement open source conçu pour réduire la collecte de données et la dépendance à l’écosystème Google.

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Un smartphone épais, mais réellement conçu pour être démonté

Le Fairphone Gen 6+ mesure 156,57 × 73,28 × 9,6 mm pour 193 g. Son poids reste raisonnable, mais ses 9,6 mm se ressentent davantage en main que sur beaucoup de smartphones récents. Cette épaisseur accompagne une conception très différente des appareils assemblés à grand renfort de colle.

La coque arrière est vissée et amovible. Les lignes restent anguleuses et plusieurs vis sont visibles, mais l’ensemble paraît beaucoup plus abouti que sur les premières générations de Fairphone.

Le bouton jaune situé sur le côté permet d’accéder à Fairphone Moments, une interface volontairement simplifiée qui limite les applications affichées et les sollicitations. La fonction existe également sur le Gen 6 : elle ne constitue donc pas une exclusivité du modèle Plus.

La certification IP55 protège le téléphone contre la poussière et les projections d’eau. Elle ne couvre pas l’immersion, là où de nombreux concurrents de cette gamme de prix atteignent IP67 ou IP68. Fairphone annonce également des essais de chute selon la norme MIL-STD-810H à 1,5 m et des séries de chutes répétées à un mètre.

Pour limiter davantage les risques de dégâts au quotidien, l’ajout d’une coque de protection reste toutefois pertinent. Parmi les modèles que nous avons testés, TUDIA propose une coque particulièrement convaincante pour le Fairphone Gen 6+, qui protège efficacement l’ensemble de l’appareil, notamment ses angles, son dos et les contours de l’écran, sans dénaturer excessivement sa prise en main.

L’écran OLED 120 Hz est l’un de ses points forts

La dalle LTPO AMOLED de 6,31 pouces affiche 1 116 × 2 484 pixels, soit 431 pixels par pouce. Son rafraîchissement s’adapte entre 10 et 120 Hz et Fairphone annonce jusqu’à 1 400 nits en mode automatique. L’écran prend également en charge le HDR10 et bénéficie d’un verre Gorilla Glass 7i.

À l’usage, l’affichage est l’une des parties les plus convaincantes du Gen 6+. Les textes sont nets, les mouvements fluides et le format de 6,31 pouces offre un bon compromis entre surface d’affichage et encombrement. La lisibilité reste satisfaisante en extérieur, même si les smartphones les plus lumineux du marché conservent un avantage en plein soleil.

Le taux adaptatif évite également de maintenir l’écran à 120 Hz lorsque ce n’est pas nécessaire. Fairphone n’a toutefois rien changé par rapport au Gen 6 : écran, résolution, luminosité et verre de protection sont reconduits.

Le Snapdragon 7s Gen 4 apporte surtout une marge supplémentaire

Le principal changement matériel concerne le Snapdragon 7s Gen 4. Cette puce gravée en 4 nm est accompagnée de 12 Go de RAM LPDDR5, contre 8 Go sur le Gen 6. Le stockage reste fixé à 256 Go en UFS 3.1 et peut être étendu par carte microSD jusqu’à 2 To.

Dans nos usages quotidiens, navigation, vidéo, applications et multitâche restent fluides. Les 12 Go de RAM laissent suffisamment de marge pour conserver plusieurs applications en mémoire et le téléphone ne donne pas l’impression de manquer de puissance dans les tâches courantes.

Le Snapdragon 7s Gen 4 demeure néanmoins une puce de milieu de gamme. Le Gen 6+ ne vise pas les performances des modèles équipés des Snapdragon les plus puissants, particulièrement lorsque la charge graphique augmente. L’évolution apporte davantage de confort et de réserve pour les prochaines années qu’un changement radical à court terme.

Fairphone annonce jusqu’à 24 % de réduction du temps nécessaire pour ouvrir ou basculer entre certaines applications par rapport au Gen 6. Ces résultats proviennent de mesures internes portant sur des scénarios précis et ne correspondent pas à une augmentation générale des performances de 24 %.

CaractéristiqueFairphone Gen 6Fairphone Gen 6+
ProcesseurSnapdragon 7s Gen 3Snapdragon 7s Gen 4
Mémoire vive8 Go12 Go
Stockage256 Go256 Go
Prix en France599 €649 €

La version Android du Gen 6+ est livrée avec Android 16. Fairphone promet six mises à niveau majeures d’Android, jusqu’en 2032, et un support logiciel jusqu’en 2033. Cette durée donne davantage de sens au Snapdragon plus récent et aux 12 Go de RAM : le téléphone est précisément conçu pour rester utilisé bien après les deux ou trois premières années.

Photo : très correcte en journée, moins convaincante quand la lumière baisse

Le matériel photographique ne change pas. Le capteur principal Sony LYT-700C de 50 Mpx au format 1/1,56 pouce ouvre à f/1,88 et bénéficie d’une stabilisation optique. Il est associé à un ultra grand-angle de 13 Mpx ouvrant à f/2,2. La caméra avant atteint 32 Mpx avec autofocus.

Dans de bonnes conditions de lumière, le module principal produit des images détaillées et agréables. Le zoom 2x réalisé dans le capteur reste exploitable et évite une dégradation trop importante pour les cadrages légèrement plus serrés.

L’ultra grand-angle est moins homogène et la différence de qualité devient plus visible lorsque la luminosité baisse. Les scènes nocturnes montrent également plus rapidement les limites du traitement et du capteur principal que sur les meilleurs photophones disponibles autour de 600 à 700 €.

Le Fairphone n’est donc pas réellement pénalisé par sa partie photo, mais celle-ci ne constitue pas son principal motif d’achat. Un Pixel ou d’autres références axées sur la photographie restent plus adaptés lorsque ce critère passe avant la réparabilité.

La batterie tient facilement une journée, mais la recharge reste modeste

La batterie amovible de 4 415 mAh est identique à celle du Gen 6. Dans notre usage, le téléphone permet de terminer une journée intensive sans difficulté particulière. Atteindre systématiquement deux journées demande en revanche un usage plus modéré. Fairphone annonce une autonomie pouvant atteindre deux jours selon le scénario utilisé.

Le constructeur indique également plus de 1 000 cycles de charge avant que la batterie ne descende à 80 % de sa capacité nominale. La durée réelle dépendra notamment des températures, des habitudes de recharge et de l’intensité d’utilisation.

La charge fonctionne à 27 W avec un pic à 30 W. Fairphone annonce 50 % en 30 minutes, 80 % en 45 minutes et 100 % en 85 minutes dans les conditions prévues par sa fiche technique. La recharge sans fil n’est pas prise en charge.

Ces chiffres restent ordinaires pour un smartphone vendu 649 €. La batterie présente cependant un avantage beaucoup plus durable : lorsqu’elle aura perdu une part importante de sa capacité, elle pourra être retirée et remplacée sans décoller l’écran ni envoyer le téléphone en atelier.

Douze pièces peuvent être remplacées par l’utilisateur

La conception modulaire demeure la caractéristique la plus distinctive du Gen 6+. Fairphone répertorie 12 pièces de rechange remplaçables par l’utilisateur. La batterie, le port USB-C, l’écran et la coque arrière peuvent notamment être changés en moins de cinq minutes selon le constructeur.

Un tournevis Torx T5 suffit pour ouvrir le téléphone et effectuer les principales réparations. Fairphone prévoit la disponibilité des pièces jusqu’en 2033, en cohérence avec la période de support logiciel annoncée.

Les tarifs restent également raisonnables par rapport au prix du téléphone. Fairphone affiche la batterie à 39,95 €, l’écran à 89,95 €, le port USB-C à 19,95 €, l’appareil photo principal à 69,95 €, l’ultra grand-angle à 44,95 € et la caméra avant à 34,95 €. Les frais de livraison ne sont pas inclus dans ces prix.

Cette approche prolonge celle que nous avions déjà observée avec le Fairphone 5. Une batterie fatiguée, un connecteur endommagé ou un écran cassé ne nécessitent pas de remplacer les autres composants encore fonctionnels.

Le Gen 6+ obtient également la note de 10/10 d’iFixit pour sa réparabilité. Fairphone indique que 51 % du poids de l’appareil correspond à des matériaux recyclés ou considérés comme équitables selon ses critères, répartis sur 15 matériaux. La garantie atteint cinq ans et les pièces détachées doivent rester disponibles jusqu’en 2033.

Murena /e/OS 4.0 change davantage l’expérience que le suffixe « + »

Le Fairphone Gen 6+ est également vendu 699 € avec Murena /e/OS 4.0, soit 50 € de plus que la version Android. Le Snapdragon 7s Gen 4, les 12 Go de RAM, les 256 Go de stockage, l’écran, les appareils photo et la batterie restent strictement identiques. La différence est entièrement logicielle.

/e/OS est basé sur le code open source d’Android et cherche à proposer un smartphone utilisable au quotidien sans les services Google préinstallés. Le projet remonte à 2018 et est associé à Gaël Duval, créateur de Mandrake Linux. L’e Foundation, organisation à but non lucratif créée en mai 2018, porte le projet open source, tandis que Murena développe et commercialise les produits et services qui l’entourent.

Le Fairphone supprime surtout l’une des principales barrières à l’adoption d’un système Android alternatif. Il n’est pas nécessaire de déverrouiller soi-même le téléphone, de flasher une ROM ou d’effectuer une installation manuelle : le Gen 6+ peut être commandé directement avec /e/OS préinstallé et bénéficie d’une version officielle du système.

La version actuelle repose sur une branche Android 16 pour le Fairphone Gen 6 et Gen 6+. Fairphone indique un support logiciel à long terme assuré par Murena, sans annoncer pour cette déclinaison le même calendrier précis de mises à niveau que pour sa version Android standard.

L’approche va plus loin que les réglages permettant de limiter la collecte de données sur Android et Google. /e/OS remplace plusieurs services par défaut et ajoute des outils destinés à contrôler plus directement les connexions des applications.

App Lounge donne accès à la plupart des applications Android

Un Android sans Play Store serait très contraignant si son catalogue d’applications se limitait aux logiciels libres. /e/OS utilise donc App Lounge, une boutique qui rassemble les applications Android commerciales, des applications open source et des Progressive Web Apps dans une même interface.

Les applications gratuites provenant du catalogue Google Play peuvent être téléchargées au moyen d’une connexion anonyme. L’utilisateur n’a donc pas besoin d’associer son compte Google personnel au téléphone pour installer une grande partie des applications Android habituelles.

Un compte Google peut néanmoins être ajouté à App Lounge lorsque cela devient nécessaire, notamment pour retrouver certaines applications déjà achetées. Les applications payantes ne sont pas accessibles avec le mode anonyme et les achats intégrés ne sont pas pris en charge directement par App Lounge.

App Lounge communique avec l’infrastructure de Google Play lorsqu’il récupère les applications de ce catalogue. /e/OS propose aussi un mode sans Google qui limite les résultats aux applications open source et aux applications web. Ce fonctionnement réduit davantage les interactions avec Google, mais diminue fortement le choix de logiciels disponibles.

Chaque fiche d’application peut également afficher les traceurs détectés, les autorisations demandées et une note de confidentialité. Ces informations utilisent notamment la base d’Exodus Privacy. Elles permettent de comparer rapidement deux applications avant leur installation, sans constituer pour autant une garantie sur l’ensemble de leurs pratiques de traitement des données.

Advanced Privacy agit sur les traceurs, l’adresse IP et la localisation

Advanced Privacy est intégré directement à /e/OS et rassemble trois protections : le blocage des traceurs, le masquage de l’adresse IP et la modification de la localisation transmise aux applications.

Le bloqueur analyse les requêtes DNS émises par les applications et les compare à une liste de domaines associés à des traceurs. /e/OS combine notamment les données d’Exodus, WhoTracksMe et StevenBlack avec ses propres règles. Lorsqu’un domaine correspondant est appelé, la connexion peut être bloquée et apparaît ensuite dans le tableau de bord.

Le filtrage fonctionne par application et par traceur. Un domaine peut ainsi être réautorisé lorsqu’il est indispensable à une fonction. Certaines technologies comme le DNS over HTTPS ou le DNS over TLS peuvent contourner le filtrage DNS du système, ce qui empêche de considérer cette fonction comme un blocage universel de toute forme de suivi.

La fonction de masquage de l’adresse IP s’appuie sur Tor. Il est possible d’acheminer tout le trafic du téléphone ou seulement celui de certaines applications à travers le réseau Tor. L’adresse IP réelle est alors remplacée par celle d’un nœud de sortie.

Ce mode ralentit les connexions et certains services bloquent les adresses provenant de Tor. /e/OS permet donc de définir des exceptions pour les applications qui ont besoin de l’adresse IP habituelle.

La falsification de localisation peut, de son côté, fournir aux applications une position différente de la position réelle. Une localisation plausible peut être générée ou choisie manuellement. Les applications de navigation, de livraison ou de météo doivent naturellement conserver l’accès à la vraie position lorsqu’elles en ont besoin.

Advanced Privacy ne rend pas l’utilisateur anonyme. Une connexion à un compte personnel permet toujours au service concerné d’identifier son utilisateur et toutes les techniques de suivi ne reposent pas sur les domaines connus du bloqueur. Les fonctions intégrées réduisent néanmoins la quantité d’informations communiquées automatiquement et rendent ces échanges beaucoup plus visibles.

microG maintient une large compatibilité sans Google Play Services

De nombreuses applications Android ont été développées en supposant la présence de Google Play Services. /e/OS utilise microG pour reproduire en open source une partie de ces interfaces et préserver le fonctionnement des applications qui en dépendent.

microG intervient notamment dans les notifications push et différentes API utilisées par les logiciels Android. Il est déjà installé et configuré sur la version Murena du Fairphone : l’utilisateur n’a pas à mettre en place manuellement cette couche de compatibilité.

Cette solution ne reproduit toutefois pas toutes les certifications de Google. La documentation actuelle de /e/OS indique que le Fairphone Gen 6 et Gen 6+ peut obtenir le verdict Basic de Play Integrity. Les niveaux Device et Strong, plus exigeants, ne sont pas pris en charge par microG.

Certaines applications bancaires, de paiement, professionnelles ou protégées par des mécanismes d’intégrité stricts peuvent donc refuser de fonctionner ou perdre certaines fonctions. La compatibilité dépend de chaque éditeur et peut évoluer après une mise à jour de l’application.

/e/OS ne coupe pas non plus systématiquement toute communication avec Google. microG peut enregistrer l’appareil auprès des serveurs de Google pour fournir certaines API, notamment les notifications. Cette fonction peut être désactivée, avec un risque de rendre certaines applications partiellement ou totalement inutilisables.

Murena Workspace couvre mail, cloud, agenda et bureautique

Murena complète /e/OS avec Workspace, un ensemble de services en ligne qui permet de remplacer plusieurs fonctions habituellement associées à un compte Google.

Le compte gratuit comprend 1 Go de stockage ainsi qu’une adresse en @murena.io. Il donne accès à la messagerie, au calendrier, aux contacts, au stockage cloud et à une suite bureautique utilisable depuis un navigateur. Les photos, vidéos, documents et notes peuvent être synchronisés entre le téléphone et les autres appareils.

Murena Vault ajoute un espace de création et de gestion de documents fondé sur CryptPad. Murena le présente comme un environnement chiffré de bout en bout dans lequel même l’opérateur du service ne peut pas accéder au contenu des documents protégés.

Fairphone indique que les serveurs utilisés pour les e-mails et le cloud liés à /e/OS sont situés en Finlande. Murena affirme également ne pas afficher de publicité, ne pas suivre l’activité dans Workspace et ne pas analyser le contenu des e-mails.

L’utilisation d’un compte Murena n’est pas indispensable au fonctionnement du téléphone. /e/OS peut recevoir des comptes provenant d’autres fournisseurs pour la messagerie, les contacts ou les calendriers. Le passage à /e/OS ne remplace donc pas une obligation de compte Google par une obligation équivalente chez Murena.

Une alternative à Google qui conserve des compromis

La version Murena ne doit pas être considérée comme un Android identique auquel Google aurait simplement été retiré. App Lounge, microG, Advanced Privacy et Workspace reconstruisent une partie de l’environnement nécessaire à un smartphone moderne, mais certaines dépendances techniques subsistent lorsque l’utilisateur veut conserver l’accès au vaste catalogue Android.

Cette approche permet plusieurs niveaux de compromis. Il est possible d’utiliser App Lounge anonymement, de connecter un compte Google seulement pour certains besoins ou de passer au mode sans Google avec un catalogue limité aux logiciels open source et aux applications web.

Le supplément de 50 € ne change aucune caractéristique matérielle. Il correspond à un Fairphone livré directement avec cet environnement alternatif et pris en charge par Murena. Cette intégration évite de réserver /e/OS aux utilisateurs suffisamment expérimentés pour installer et maintenir eux-mêmes un système différent.

Pour une personne dépendante d’une application bancaire spécifique ou d’un service protégé par des contrôles d’intégrité précis, la compatibilité de ces applications doit peser dans le choix entre Android et /e/OS. Pour les usages compatibles, la déclinaison Murena associe la réparabilité matérielle du Fairphone à une approche logicielle qui laisse davantage de contrôle sur les services et les données utilisés.

Notre avis sur le Fairphone Gen 6+

Le Fairphone Gen 6+ n’est pas le meilleur smartphone à 649 € lorsqu’on isole chaque critère. Certains concurrents sont plus rapides, plus fins, mieux protégés contre l’eau ou plus convaincants en photographie. La recharge à 27 W et l’autonomie ne constituent pas non plus des arguments déterminants.

Son écran OLED est réussi, les performances sont suffisamment solides pour les usages quotidiens et le passage à 12 Go de RAM apporte une marge appréciable. Le Snapdragon 7s Gen 4 prend surtout son sens avec la durée de vie recherchée : Fairphone prévoit six mises à niveau majeures d’Android et un support jusqu’en 2033.

La réparabilité change davantage la proposition. Une batterie coûte 39,95 €, un port USB-C 19,95 € et un écran 89,95 €. Ces composants peuvent être changés sans remplacer un appareil encore fonctionnel. Cette possibilité devient de plus en plus intéressante à mesure que le smartphone vieillit.

Un propriétaire du Gen 6 a peu de raisons de passer au Gen 6+. Les deux modèles partagent l’écran, la batterie, les appareils photo, le stockage et l’essentiel de leur construction. Le processeur plus récent et les 4 Go de RAM supplémentaires ne justifient pas à eux seuls un renouvellement aussi rapide.

Pour un nouvel achat, les 50 € séparant le Gen 6 à 599 € du Gen 6+ à 649 € font pencher notre choix vers le modèle Plus. Le surcoût reste limité au regard d’un appareil destiné à être conservé plusieurs années, tandis que le Snapdragon 7s Gen 4 et les 12 Go de RAM offrent davantage de réserve.

La déclinaison Murena /e/OS à 699 € vise un besoin différent. Elle conserve exactement les mêmes qualités et limites matérielles, mais ajoute une véritable alternative aux services Google préinstallés avec App Lounge, Advanced Privacy, microG et Murena Workspace. La compatibilité n’est pas absolue, mais cette option rend une approche jusqu’ici assez technique accessible directement lors de l’achat d’un smartphone commercialisé en France.

Sources principales

Crédit image : Fairphone.

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