Google Health et Flo : le sommeil et le rythme cardiaque au service du suivi du cycle menstruel

7 min de lecture
  • Google et Flo Health prévoient de synchroniser leurs applications début 2027.
  • Les données du cycle menstruel pourront être associées au sommeil, au rythme cardiaque et à la température cutanée.
  • Google Health Premium proposera un coaching adapté au cycle, avec un abonnement à partir de 8,99 € par mois en France.
  • Le partage des données nécessitera un consentement explicite et révocable.
  • De nouveaux produits et des recherches sur la santé des femmes sont également prévus.

Les données d’une montre connectée pourraient bientôt enrichir le suivi du cycle menstruel dans Flo. Google et Flo Health ont annoncé, le 12 octobre 2026, un partenariat destiné à rapprocher les informations sur les règles, le sommeil et différents indicateurs physiologiques. Une synchronisation directe entre leurs applications est prévue début 2027, avec l’accord des utilisatrices.

Google a également réalisé un investissement stratégique dans Flo Health, qui restera une entreprise indépendante. L’application de suivi menstruel revendique plus de 80 millions d’utilisatrices actives chaque mois dans le monde. La collaboration porte sur l’échange de données, les conseils personnalisés, la recherche et le développement de nouveaux produits de santé connectée.

Les données du cycle croisées avec celles des montres connectées

Flo permet notamment d’enregistrer les dates des règles, les symptômes et les différentes phases du cycle menstruel. Google Health, l’application qui a remplacé Fitbit en 2026, centralise de son côté les informations de santé et d’activité provenant d’appareils compatibles, notamment les montres Pixel Watch et les bracelets Fitbit.

La future connexion permettra de rapprocher ces deux ensembles d’informations. Avec leur autorisation, les utilisatrices pourront transmettre leurs données menstruelles à Google Health et recevoir dans Flo certaines mesures issues de leurs appareils connectés :

  • La fréquence cardiaque au repos : le nombre de battements du cœur par minute lorsque l’organisme est au repos.
  • La variabilité de la fréquence cardiaque : les différences de durée entre deux battements successifs.
  • La température cutanée : les variations enregistrées par les capteurs compatibles.
  • Le sommeil : les différentes phases et les mesures recueillies pendant la nuit.
  • La fréquence respiratoire : les mesures du rythme de la respiration, lorsqu’elles sont disponibles.

Flo prévoit d’utiliser ces signaux pour enrichir ses prévisions du cycle et les informations associées aux symptômes. Les mesures physiologiques pourront ainsi être examinées en tenant compte des changements qui accompagnent les différentes phases menstruelles.

Google cite notamment les Fitbit Air, Fitbit Edge et Pixel Watch 5 parmi ses appareils de suivi. Les données effectivement disponibles dépendront des capteurs et des fonctionnalités de chaque modèle. La précision des futures analyses enrichies n’a pas encore été établie par des évaluations indépendantes.

Flo est déjà compatible avec Santé Connect sur Android

La connexion annoncée pour 2027 ne constitue pas le premier moyen d’échanger des informations entre Flo et d’autres applications de santé.

Sur Android, Flo prend déjà en charge Santé Connect (Health Connect), le système permettant de partager certaines données entre applications compatibles. Sur iPhone, une intégration avec l’application Santé d’Apple existe également.

Ces connexions présentent toutefois des limites. L’assistance de Flo indique que les informations enregistrées dans Google Fit peuvent être transmises à Santé Connect sans apparaître automatiquement dans Flo. La compatibilité avec Santé Connect ne garantit donc pas une circulation complète des données entre Flo, Google Fit, Samsung Health et Fitbit.

Le partenariat avec Google prévoit une synchronisation directe et bidirectionnelle entre Flo et Google Health. Les informations sur le cycle pourront rejoindre Google Health, tandis que les mesures issues des appareils connectés pourront alimenter les analyses proposées par Flo.

Les utilisatrices Android peuvent dès maintenant activer la connexion existante depuis les paramètres de Flo, dans la rubrique Santé Connect, puis gérer les autorisations correspondantes dans Android. La nouvelle liaison directe annoncée pour 2027 fonctionnera avec son propre système d’autorisations.

Google Health Premium proposera des conseils adaptés au cycle

Google prévoit également d’intégrer les informations de Flo à Google Health Coach, son assistant de bien-être conçu avec Gemini. Celui-ci pourra tenir compte des différentes phases du cycle menstruel pour personnaliser les conseils concernant le sommeil, l’activité physique et la récupération.

L’intégration doit également couvrir certaines étapes de la vie reproductive, notamment la périménopause, période de transition précédant la ménopause.

Ces fonctions de coaching nécessiteront Google Health Premium, déjà proposé en France à partir de 8,99 € par mois. L’abonnement comprend actuellement des programmes de remise en forme personnalisés, des analyses du sommeil et des recommandations de bien-être.

La synchronisation des applications et le coaching personnalisé restent deux fonctionnalités distinctes. Google réserve le coaching enrichi aux abonnés Premium, sans avoir annoncé de tarif particulier pour la connexion simple entre Flo et Google Health.

Des données menstruelles partagées uniquement avec autorisation

Le partenariat prévoit un fonctionnement fondé sur le consentement explicite. Google et Flo s’engagent à ne transférer aucune donnée entre leurs applications sans autorisation préalable. Les accords devront être donnés séparément selon les catégories de données et leurs utilisations, avec la possibilité de les retirer.

Les deux entreprises affirment également que les informations provenant de Flo et partagées avec Google Health ne seront ni utilisées pour la publicité, ni vendues, ni rendues accessibles à d’autres applications ou développeurs par l’intermédiaire des plateformes de santé de Google.

Ces engagements interviennent après un précédent concernant la confidentialité de Flo. En juin 2021, la Federal Trade Commission (FTC) américaine a finalisé un accord avec l’éditeur après lui avoir reproché d’avoir partagé des informations de santé sensibles avec des entreprises d’analyse et de marketing, notamment Facebook et Google, malgré ses promesses de confidentialité.

L’accord imposait notamment à Flo d’obtenir le consentement explicite des utilisatrices avant certains partages de données de santé, d’informer les personnes concernées et de soumettre ses pratiques de confidentialité à un examen indépendant.

Depuis, Flo a renforcé ses dispositifs de protection des données. En août 2026, l’entreprise a annoncé que ses audits annuels de suivi des normes ISO 27001 et ISO 27701 s’étaient achevés sans constat de non-conformité. Ces audits concernent ses systèmes de gestion de la sécurité de l’information et de la confidentialité. Ils ne portent pas sur la future synchronisation avec Google Health.

Le fonctionnement technique de cette nouvelle intégration, notamment la gestion des autorisations et des informations déjà échangées après une déconnexion, pourra être examiné lors de son déploiement.

De nouveaux produits et des recherches sur l’endométriose

Google et Flo prévoient également de concevoir ensemble de nouveaux produits destinés à la santé des femmes. Leur collaboration associera les algorithmes et les connaissances de Flo sur le cycle menstruel aux technologies de capteurs et aux appareils connectés développés par Google.

Les entreprises envisagent par ailleurs un programme de recherche consacré aux relations entre les changements hormonaux et différents indicateurs, notamment le sommeil, la fréquence cardiaque, l’humeur et l’énergie.

Flo évoque le développement de modèles capables de reconnaître des signes précoces de périménopause ou des ensembles de symptômes associés à certaines pathologies, parmi lesquelles :

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ;
  • L’endométriose ;
  • Les fibromes utérins.

Les entreprises prévoient de recourir à des données agrégées, pseudonymisées ou synthétiques pour leurs recherches, ainsi qu’à des évaluations cliniques. Elles souhaitent aussi explorer l’utilisation des mesures issues des appareils connectés pour les fonctionnalités de suivi de la fertilité, sous réserve des validations médicales et réglementaires nécessaires.

Ces travaux ne correspondent pas à des capacités de diagnostic disponibles dans Flo ou Google Health. Google rappelle également que les estimations relatives au cycle menstruel sont destinées au bien-être général et ne doivent pas servir de méthode contraceptive, à planifier une conception ou à prendre des décisions médicales.

Quelle disponibilité en France en 2027 ?

Flo et Google Health sont déjà accessibles en France. Le partenariat prévoit le début de la synchronisation en 2027, sans calendrier spécifique au marché français.

Les utilisatrices disposant d’un appareil Google ou Fitbit compatible pourraient alors bénéficier d’un suivi du cycle prenant en compte davantage de mesures physiologiques, tout en conservant Flo comme application spécialisée dans la santé menstruelle.

Le lancement de la connexion directe, l’intégration des données dans Google Health Coach et les futurs produits communs suivent néanmoins des développements distincts. Leur disponibilité dépendra notamment du pays, de l’appareil utilisé et, pour les conseils personnalisés, de l’abonnement Google Health Premium.

Sources principales

Crédit image : Google LLC.

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